Les peintures décoratives du château comtal de Damazan – par Hélène Heurtebise

L’attraction manifeste qu’exerce l’histoire sur le public, comme en témoigne le succès des journées européennes du patrimoine, est corroborée par le fleurissement des demandes de classement de sites au patrimoine mondial de l’Unesco, marquant la prise de conscience par les individus et les institutions  de la valeur collective du patrimoine matériel et immatériel en tant que bien commun présent et futur.

Le 2 octobre 2010, la journée foraine de la Société Académique,  consacrée à Damazan et à son canton,  dont cette commune était alors le chef-lieu,  avait été appréciée par un public nombreux et attentif,  et suivie d’une visite du  château comtal au caractère remarquable souligné par Robert de Flaujac dans son article  intitulé  Quelques belles demeures  du canton de Damazan, article  paru dans la revue de l’Agenais.  (Revue de l’Agenais numéro 3,  juillet-septembre 2010, 138ème année, pp 439-466).

Ancien Hôtel particulier du XVIIème siècle,  ayant  appartenu à la famille de Mothes,  conseiller du Roi sous Louis XIV, vestige heureusement préservé,  malgré l’incendie qui a ravagé le magasin des tabacs attenant dans les années 90, ce bel édifice abrite toujours  des peintures datées du XVIIème lors de l’inventaire du patrimoine culturel réalisé pour la base Palissy en 1997 par Jean-Philippe Maisonnave.

L’ensemble pictural comporte aujourd’hui de rares décors muraux, des poutres maîtresses sur lesquelles sont peints des paysages dans des cartouches rectangulaires, d’autres,  plus nombreuses,  sont ornées de Putti, enfants potelés et rieurs jouant au cerceau ou avec un chien, des oiseaux en vol, des végétaux, arbrisseaux ou lianes, des figures aux traits caricaturés dites Grotesques. Sur les solives et les chevrons, des  motifs géométriques, dans des tons lapis lazuli, sont nettement visibles. Dans la grande pièce du premier étage, il reste encore un grand médaillon ovale polychrome au milieu duquel  trône une jeune fille assise sur un nuage,  habillée à l’antique, le front ceint d’une couronne fleurie,  les bras chargés d’une guirlande de fleurs, le médaillon étant entouré de feuilles d’acanthe entrelacées  rouge et or.

Cette illustration de la sortie de l’hiver,  d’où la pâleur de la jeune fille et sa posture, comme un peu engourdie,  symbolise le réveil de la nature et son essor pour un printemps favorable à la fertilité. Évocation de la déesse Romaine Flore, protectrice des récoltes et de leur abondance, le sens de cette allégorie, à la fois éminemment poétique et anthropologiquement située,  est encore à approfondir sous l’angle de l’évolution artistique des œuvres monumentales,  mais aussi par l’exploration de l’identité des différents  propriétaires des lieux et des mœurs de l’époque à relier au contexte historique de la commune et de la contrée environnante, dans des périodes économiquement, sociologiquement et politiquement parfois mouvementées où le symbolique pèse de tout son poids lorsqu’il s’agit de marquer son rang et son lignage en signifiant son appartenance culturelle.

L’analyse de cette œuvre, réalisée par des  peintres itinérants ou des maîtres artisans,  se fera également par un travail comparatif avec des peintures décoratives de la même époque, celles du château de Buzet et  du château de Calonges  par exemple, et plus largement dans le territoire voire au-delà même.

En tout état de cause,  c’est une chance considérable,  pour les habitants de Damazan,  de posséder un tel patrimoine,  relativement sauvegardé, ressource esthétique exceptionnelle dans un village de cette taille, véritable capital culturel  vecteur de valorisation pour le renouveau du département dont l’un des principaux atouts est précisément la diversité et la richesse de sa flore et de son patrimoine matériel et immatériel  socio-historique  particulièrement varié,  le château comtal  étant  un des témoignages conséquent de la richesse des terres et de la splendeur des époques fastes en Lot et Garonne, longtemps territoire d’honneur.

Actuellement en travaux pour la réalisation d’une maison pluri-professionnelle de santé,  à l’échelle de la communauté de communes, nul doute que le château comtal de Damazan, survivant des affres du temps et des vicissitudes de près de 400 ans d’histoire, beau lieu abritant des peintures décoratives monumentales,  dont Flore, incarnation de la vigueur du printemps et donc de la santé,  puisse apporter de solides bienfaits aux patients et visiteurs qui pourront admirer ces œuvres préservées et bientôt restaurées.

 

Photographies de Martine Cachart

Journée de l’Académie à Durance puis à Lannes, samedi 22 septembre

 

L’Académie s’est déplacée à Durance samedi matin 22 septembre. Elle a été accueillie par M. le Maire et l’association des amis du prieuré. Elle a écouté un exposé de P. Simon sur les circonstances de la fondation de la bastide et d’autres bastides dans les années 1320, puis sur l’architecture du prieuré par M. Christian Corvisier, historien de l’architecture et sur la personnalité de l’abbé Dardy, poéte et reconstructeur au XIXe siècle du prieuré par Mme Heurtebise.

Elle a fait un véritable « pélerinage » à la porte-tour  de la ville qui fut sa propriété de 1890 à 2005. L’académie permit la restauration de cette porte et l’a vendue ensuite pour l’euro symbolique à la municipalité.

Puis elle a été visiter le prieuré sous la conduite conjointe de la propriétaire, Mme Fourteau, de C. Corvisier et de Jean-Louis Trézéguet, président de l’association des amis de Durance et président de la journée au nom de la société académique.

Après le repas, l’académie s’est rendue à Lagrangerie de Lannes écouter une présentation des granges des Prémontrés en Agenais faite par M. Stéphane Abadie, historien, spécialiste des Prémontrés en Gascogne et découvrir les restes architecturaux de celle de Lagrangerie tout en profitant de la dégustation des produits de l’exploitation agricole.

Les participants ont apprécié non seulement les exposés mais aussi l’atmosphère sereine de cette magnifique journée d’automne.

présentation au Conseil départemental du Dictionnaire biographique des élus de Lot-et-Garonne

Mardi 26 juin, en fin d’après-midi, le Conseil départemental, par la voix de Christian Dezalos représentant Pierre Camani, retenu à Paris,  accueillait J. Clouché, l’association des anciens élus, l’association des maires, l’Académie et de nombreux élus et amis de J. Clouché pour une présentation du Dictionnaire biographique des élus de Lot-et-Garonne rédigé par J. Clouché et publié par l’Académie.

Christian Dezalos rappela la profonde connaissance des élus par J. Clouché qui fut non seulement longtemps directeur du cabinet du président du Conseil Général mais ensuite élu lui-même et premier président de l’agglomération d’Agen.

Robert de Flaujac, président de l’Académie, dit l’honneur que l’Académie retire de cette publication et la richesse de l’oeuvre de Jacques Clouche.

Enfin, l’auteur lui-même expose la synthèse de son travail en une fresque de deux siècles d’histoire, de deux siècles d’élus et de deux siècles de patients travaux pour améliorer le quotidien des citoyens.

Le pot de l’amitié qui suivit fut l’occasion de nombreuses rencontres et de l’évocation de nombreux souvenirs.

Il est possible de trouver le bon d’achat ci-dessous  (à imprimer et retourner à l’Académie) :

L’Académie à Cocumont, travail et accueil sympathique

Dans le cadre des journées Marzelles, l’Académie a été accueillie par la mairie de Cocumont et l’association Cocumont, mémoire et patrimoine. Les exposés ont permis d’entendre P. Simon présenter ce que ce que les inventaires de la commanderie de Romestaing nous apprennent sur la région de Cocumont au Moyen Âge puis P. Cambar rappeler l’histoire du vignoble de Cocumont. La matinée s’est poursuivie par une visite du bourg et du lavoir et le repas en commun pris à la salle des fêtes. L’après-midi a permis de découvrir le fonctionnement et l’histoire de la cave de Cocumont puis de visiter la « Vielle église » de Cocumont et l’église d’Esquerdes avec l’association Les amis d’Esquerdes.

Les conversations ont toutes souligné l’intérêt des apports sur les différents sujets abordés et l’excellente ambiance créée par la chaleur de l’accueil, la participation des associations locales et le plaisir de se retrouver.

 

le 2 juin, à Clairac, colloque de qualité pour une foule des grands jours

Le 2e colloque de Clairac a été un franc succès tant par la qualité des interventions que par le nombre de personnes, la barre des 200 participants ayant été allégrement franchi. La municipalité de Clairac, les Archives départementales et l’Académie d’Agen avaient confié à la Société des Amis de Clairac la responsabilité de l’organisation. Le président, Clair Morizet a conclu ainsi :

« Une journée de juin, dense et ensoleillée, pour mettre bas les idées reçues sur Gérard Roussel, redécouvrir la cour de Nérac et la personnalité d’Henri de Navarre, apprendre comment fonctionnait une commune comme la nôtre, mais aussi mieux comprendre toute la complexité des relations réformés-catholiques, pas aussi binaires qu’il pourrait y paraître. Jeux d’alliances qui transparaissent dans l’organisation des églises réformées, ou qui s’expriment dans le travail de la Contre-Réforme, jusqu’aux coups de tonnerre assénés par ce roi qui vint « faire les 400 coups » à Clairac ! 
Sans oublier la révélation de l’origine de l’appellation proto canonicus, que désormais nous pouvons rattacher à Louis XI et à l’abbaye de Clairac, grâce à une investigation de notre abbé dans le glossaire de du Cange« .
 Les Actes seront publiés par l’Académie au printemps prochain !

Le président R. de Flaujac et la modératrice de la journée, N. Lemaitre.

la tribune pendant l’intervention de M. Pérat, maire de Clairac